Le vétéran orc regarda tour à tour chacun de ses subordonnées, essayant vainement de discerner une lueur d’intelligence supérieure. Lui-même savait ne pas être un esprit particulièrement vif et aurait souhaité pouvoir être secondé convenablement. Privé d’Orgrim Doomhammer – dont il était inconditionnellement fanatique – et de tout chef de clan, Zambato se sentait bien seul. Il était un guerrier, un exécuteur, un exécutant… mais il ne se sentait pas l’âme d’un chef. C’étaient pourtant des initiatives qu’attendaient ces frères. Ils attendaient de lui qu’il les guide.

Un instant, le maître-lame songea même à lancer une attaque désespérée contre Lordaeron. Une attaque suicide bien sûr : il était impensable que son commando vint à bout des milliers de morts-vivants. Il balaya cette idée de son esprit, songeant que ses camarades seraient pourtant prêts à suivre un tel ordre. « Fous que nous sommes ! »

Ses guerriers étaient indécis. Ils voyaient leur chef faire les cent pas en un temps de réflexion qui leur semblait long. Pour eux, le chef devait tout savoir, tout comprendre, et toujours guider justement, au cœur de la bataille comme dans la fuite. Zambato remarqua leur désarroi et tenta de paraître sûr de lui lorsqu’il annonça son plan.

« Nous nous rendons en Zul’Aman. »

Les grunts ne réagirent pas. Le vétéran craint que cela annonce un refus. Cependant, sa directive était claire et les orques devant lui avaient simplement intégré cette donnée : ils se rendraient en Zul’Aman. Zambato, pourtant, ressentit le besoin de préciser plus avant son plan de route, espérant qu’un soldat oserait suggérer quelque chose, une attaque, un raccourci… quelque chose.

« Nous passerons prêts des frontières de Stromgarde, dans la vallée du Pic d’Aerie, en restant à distance des nids de griffons. Puis nous continuerons plein nord jusqu’aux terres des trolls. Là, nos alliés ne sauront nous refuser l’asile. Nous partagerons cette terre, au moins le temps de trouver meilleure solution. »

Toujours aucune réponse, ni même la moindre réaction. Zambato en fut irrité.

« Nous partons dès ce soir. Victoire pour la Horde ! » lança-t-il avec emphase.

« Victoire pour la Horde ! » répondirent comme un seul homme ses trois compagnons avant de sortir de la tente rudimentaire. Zambato, perplexe, les regarda s’éloigner. C’est en posant les yeux sur son long cimeterre à deux mains qu’il poussa un soupir.

« Le fer seul ne nous sauvera pas cette fois. J’implore les esprits pour que les orques s’éveillent avant qu’il ne soit trop tard. »

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